Projets
Redémarrage du barrage de Myitsone : la lutte géo-ingénierique pour le corridor énergétique sino-birman
De la mise en veille au redémarrage : les quinze ans de hauts et bas d’un méga-barrage
En juillet 2026, après son retour de Chine, le chef de la junte militaire birmane Min Aung Hlaing a été suivi par une déclaration publique du chef de l’État de Kachin, Khet Htin Nan, annonçant que le projet de barrage de Myitsone, longtemps mis en veille, serait « bientôt relancé ». Cette annonce marque la sortie du blocage politique de ce projet hydroélectrique soutenu par la Chine, dont le coût initial estimé à 3,6 milliards de dollars a depuis grimpé à 11,5 milliards.
Le barrage de Myitsone est situé au confluent des rivières Mali Hka et N'Mai Hka dans l'État de Kachin, au nord du Myanmar. Avec une hauteur de digue de 152 mètres et une capacité installée de 6 GW, il serait l’un des plus grands projets hydroélectriques d’Asie du Sud-Est une fois achevé, bien qu’il reste de taille modeste comparé au barrage des Trois Gorges en Chine (22,5 GW). Le projet a été suspendu en 2011 en raison de l’opposition publique et des controverses environnementales, la population birmane exprimant alors un vif mécontentement face à l’influence profonde de la Chine et au coût écologique de la zone submergée (d’une superficie équivalente à celle de Singapour).
Capital et géopolitique : le nœud central du corridor énergétique chinois
Du point de vue des infrastructures mondiales, le barrage de Myitsone n’est pas un projet isolé. Il constitue un pion clé dans la construction par la Chine d’un réseau énergétique et de transport dans la sous-région du Mékong. Selon le plan initial, 90 % de l’électricité produite devait être exportée vers la Chine via des lignes de transmission transfrontalières, ce qui signifie que les ressources hydroélectriques du nord du Myanmar seraient directement connectées au réseau électrique du sud de la Chine, formant un corridor d’énergie propre traversant les frontières.
Bien que le Myanmar souffre d’une pénurie chronique d’électricité (le pays n’a besoin que de 10 GW, et Myitsone pourrait à lui seul en fournir plus de la moitié), le modèle orienté vers l’exportation a suscité des accusations de « pillage des ressources ». Aujourd’hui, dans le cadre des négociations de redémarrage, on ne sait pas encore si les deux parties ont modifié l’accord d’achat d’électricité, mais le fait que la Chine avance le projet dans un contexte de guerre civile persistante au Myanmar et d’isolement international de la junte reflète un lien profond entre investissement infrastructurel et stratégie géopolitique.
Explosion des coûts et défis de financement du projet
Selon les dernières estimations de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le coût moyen de construction des projets hydroélectriques en Asie (hors Chine et Inde) a atteint 1 914 dollars par kilowatt. Sur cette base, le coût total du barrage de Myitsone, d’une capacité de 6 GW, dépasserait les 11,5 milliards de dollars, soit plus du triple de l’estimation initiale de 2009 (3,6 milliards de dollars).
Cette inflation des coûts s’explique par de multiples facteurs : l’instabilité de la chaîne d’approvisionnement due à la guerre civile birmane, la complexité géographique de l’État de Kachin, et la hausse des prix mondiaux des matières premières et de la main-d’œuvre au cours des 15 dernières années. Pour la junte birmane, un investissement infrastructurel de cette ampleur nécessite un financement extérieur important, et les banques politiques chinoises (comme la Banque d’import-export de Chine) pourraient en être les principaux prêteurs. La structure de financement du projet impliquera des garanties souveraines, des obligations de projet et d’éventuels crédits à l’exportation chinois, suivant une voie similaire à celle d’autres grands projets hydroélectriques du cadre « Ceinture et Route » (comme la centrale de Karot au Pakistan).
Risques techniques : un méga-barrage en zone sismique
En mars 2026, un séisme de magnitude 7 s’est produit dans le centre du Myanmar.2026年3月,缅甸中部发生7.7级地震,造成数千人死亡,这一事件加剧了对密松水坝的工程安全担忧。大坝位于实皆断裂带附近,地质活动频繁。尽管克钦邦首席部长声称中国将采用新技术确保抗震,但国际工程界对高坝在强震区行为的研究仍存在不确定性。
从工程系统分析的角度,密松水坝并非单一水电设施,而是需要配套建设输电线路(可能穿越冲突区域)、移民安置区(涉及数万人)以及生态补偿措施。项目团队必须解决地质勘探不足、施工 logistics 受限(内战导致道路封锁)以及当地社区参与缺失等现实问题。
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